FeniXX réédition numérique (Balland)

  • À l'initiative de la Maison des Écrivains, et en rapport avec les bouleversements survenus à l'Est, douze écrivains français sont partis à la fin de l'hiver 1990 dans plusieurs de ces pays pour se mettre à l'épreuve des faits et en rapporter, en toute liberté, leurs premières impressions. Daniel Pennac et Jean-Marie Laclavetine se sont rendus à Yalta, lieu symbolique où s'est effectué le partage de l'Europe. Olivier Rolin a choisi de traverser les Républiques baltes, point sensible de l'actuel empire soviétique. Jean-Philippe Domecq a passé le mur de Berlin quelques jours après son effondrement. Jacques Roubaud est parti à la recherche de quelques-uns de ses amis poètes de l'Allemagne de l'Est. Didier Daeninckx a quitté l'Afrique et ses troubles du moment pour les événements de Bulgarie. Danièle Sallenave, séjournant d'abord à Sarajevo, a parcouru ensuite, en tenant son journal de voyage, différentes régions de la Yougoslavie. Marie Nimier a pris le parti de vivre le quotidien des habitants de la banlieue de Prague. Dominique Desanti, à travers la Pologne, a tenté de retrouver certains de ses anciens étudiants. Alain Nadaud a profité de l'occasion de se rendre dans ce même pays pour voir ce qu'il en était d'Auschwitz, un demi-siècle après. Leslie Kaplan, de passage en Roumanie, a porté son attention, entre autres, sur l'état des hôpitaux de Bucarest et de ses environs. Renaud Camus, entre Buda et Pest, a donné libre cours à sa perplexité face à une Hongrie illisible et déchirée.

  • Après son abdication en faveur de Rocard, F. Mitterrand fait son entrée sous la Coupole. Un livre facétieux qui veut tracer un portrait du Président à travers ses écrits et sa vie publique.

  • En décembre 1987, débutait dans les territoires occupés par Israël depuis 1967 la « révolte des pierres », désignée aussi sous son nom arabe d'Intifada (« sursaut »). Les « Palestiniens de l'intérieur », c'est-à-dire de Gaza et de Cisjordanie (« Judée-Samarie », dans la terminologie israélienne) et, surtout, les plus jeunes d'entre eux affrontent des soldats israéliens, parfois à peine plus âgés qu'eux, à coups de pierres, de couteaux, de cocktails Molotov. Ce soulèvement a déjà causé la mort de plusieurs centaines de Palestiniens, dont des enfants, et de dizaines d'Israéliens, militaires ou civils. Pour chaque camp, l'Intifada a servi de révélateur. Chez les Palestiniens, c'est la prise en mains de leur propre destin, face à l'O.L.P. de Yasser Arafat empêtrée dans les contradictions de la scène arabe. La violence du soulèvement est apparue au sein même du mouvement palestinien : règlements de comptes, élimination des collaborateurs avérés ou supposés, émergence de l'islamisme incarné par la formation radicale Hamas, etc. Avec la guerre du golfe Persique, ces « années de pierre » sont entrées peut-être dans une phase plus aiguë, plus cruelle encore. Pour les Israéliens, c'est la dure révélation que plus de vingt ans d'occupation n'ont fait que creuser le fossé entre les deux peuples et assombrir le rêve des anciens pionniers qui voulaient que l'État juif soit juste, exemplaire même, et accepté de ses voisins arabes.

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