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  • En décembre 1987, débutait dans les territoires occupés par Israël depuis 1967 la « révolte des pierres », désignée aussi sous son nom arabe d'Intifada (« sursaut »). Les « Palestiniens de l'intérieur », c'est-à-dire de Gaza et de Cisjordanie (« Judée-Samarie », dans la terminologie israélienne) et, surtout, les plus jeunes d'entre eux affrontent des soldats israéliens, parfois à peine plus âgés qu'eux, à coups de pierres, de couteaux, de cocktails Molotov. Ce soulèvement a déjà causé la mort de plusieurs centaines de Palestiniens, dont des enfants, et de dizaines d'Israéliens, militaires ou civils. Pour chaque camp, l'Intifada a servi de révélateur. Chez les Palestiniens, c'est la prise en mains de leur propre destin, face à l'O.L.P. de Yasser Arafat empêtrée dans les contradictions de la scène arabe. La violence du soulèvement est apparue au sein même du mouvement palestinien : règlements de comptes, élimination des collaborateurs avérés ou supposés, émergence de l'islamisme incarné par la formation radicale Hamas, etc. Avec la guerre du golfe Persique, ces « années de pierre » sont entrées peut-être dans une phase plus aiguë, plus cruelle encore. Pour les Israéliens, c'est la dure révélation que plus de vingt ans d'occupation n'ont fait que creuser le fossé entre les deux peuples et assombrir le rêve des anciens pionniers qui voulaient que l'État juif soit juste, exemplaire même, et accepté de ses voisins arabes.

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