• Tisser

    Raharimanana

    L'art de tisser l'humanité

    Résumé
    Récit de l'auteur malgache Raharimanana qui entremêle légendes, mythes fondateurs et réalités contemporaines. Soucieux de restituer la mémoire trop souvent trahie par les récits, l'auteur revisite les luttes de libération, les formes de résistance et d'utopie. Il met en place une cosmogonie où tout se tisse dans une diversité de voix, de perspectives poétiques et politiques, rassemblant des formes singulières d'écriture et de transmission de la parole.

    Un enfant mort-né raconte la genèse du monde. Il fait appel aux mythes pour dire les dérives totalitaires et la quête de liberté. Fable contemporaine qui rétablit la relation entre les temps, passé et présent, les ancêtres et le monde contemporain, l'Esprit et le réel, le récit se donne à lire comme fibres à tisser l'humanité.

    Extrait
    Je vous viens d'un récit violent, de nombre de pays, d'un récit traversé et clivé par l'esclavage, la colonisation et la mondialisation. Vous qui vivez maintenant, vous qui me devinez là, en vous, semblant déjà familier car chuchotant en vos veines le tumulte des époques, celles passées, et celle dite actuelle - l'époque n'a aucun sens pour moi, l'actualité, le présent, moi qui serpente à travers les cours de la vie comme on serpente à travers les ruisseaux, la source est la finalité, la mer retourne dans les entrailles de la montagne, je confirme, une époque des idéaux mis à terre au profit des armes et de l'argent, sous le cynisme du monde qui se proclame développé, dans le rire des accapareurs de pouvoir qui se drapent de morgue et se proclament maîtres de la cité, maîtres de la Bourse, maîtres du culte ou de tout autre maillage collectif.

    Point de vue de l'auteur
    Tisser, c'est le récit de la vie. La vie faite de plusieurs fibres, chaque fibre ayant sa nature, sa force, mais unie à d'autres, forme le tout, le motif, le sens, la force, la délicatesse. Tisser, c'est se connaître comme fibre, et accepter de se lier à d'autres pour une existence plus vaste. Tisser pour moi, c'est avoir cette hauteur de vue, prendre soin de chaque fibre, chaque fil tout en se projetant sur le tissu à réaliser.

    L'auteur
    Raharimanana est né en 1967 à Antananarivo, Madagascar. Il y réside jusqu'à l'âge de 22 ans. Poète, romancier et homme de théâtre, il vit en France où il s'engage dans cette écriture de la mémoire qui met en récit légende et réalité.

  • La philosophie d'Adorno est une critique de la domination politique et idéologique. Elle est aussi une méditation sur les devoirs de la pensée confrontée à la Shoah et aux totalitarismes du XXe siècle. Face à la Catastrophe, elle ne s'abîme pas dans le défaitisme mais tente de retrouver, sous les mythes qui les étouffent, les raisons d'espérer sans lesquelles l'expérience humaine ne serait pas viable. La notion d'utopie, qu'il hérite d'Ernst Bloch et de Walter Benjamin, a d'abord chez Adorno ce sens d'un dégagement de possibles qui, enfouis dans l'Histoire et réprimés par la logique du capitalisme, peuvent cependant être reconnus et libérés. Cela suppose que les singularités - l'individu dans le collectif, le détail dans l'ensemble, l'élément dans la composition - ne soient pas annexées et liquidées, mais au contraire préservées dans leur expression propre. Adorno, avec Benjamin, nomme « constellations » les modes d'articulation qui y parviennent. Pour en dégager les enjeux, il faut entrer dans le mouvement d'une pensée qui déconstruit les concepts d'identité et de totalité mais ne renonce pas à l'espérance. Les conceptions adorniennes de la dialectique et de la négativité sont traversées par cette tension féconde. Cette introduction à l'oeuvre d'Adorno l'interprète comme une réponse à ce que Miguel Abensour appelait la « sommation utopique » : sous l'opacité et la noirceur du monde, l'écriture d'Adorno tente de réveiller un « dire » de vérité, de sauvetage et d'émancipation. Professeur à l'Université de Strasbourg, Daniel Payot se définit volontiers comme un lecteur. La générosité déconstructrice de Jacques Derrida, la lucidité micrologique de Walter Benjamin et de Theodor W. Adorno, la réponse d'Emmanuel Levinas à l'adresse infinie de l'autre et la patience.

  • 1985 en France. Charlie, treize ans, abandonné à sa naissance, s'est inventé une histoire, une autre vie née de son imagination. Il caresse le projet de partir à Madagascar sur les traces de ses ancêtres pirates, fondateurs au 18è siècle de la cité utopique de Libertalia. Il se prépare en secret à fuir le foyer de l'enfance où il survit, s'efforçant de traverser sans dommage irrémédiable la laideur et la violence qui l'entourent. Alors qu'il gît à terre à la fin d'une bagarre sans merci contre le caïd des lieux, Eva, une femme mystérieuse, vient à sa rencontre. L'amour fou qu'elle lui fait miroiter bouleverse ses plans et balaie le rêve qu'il a patiemment construit. Mais que lui veut-elle et quel secret cache-t-elle sur son passé ? Quelle menace mortelle est tapie dans la magie de leur rencontre ? L'attirance obscure qu'il ressent, le sentiment d'être le jouet d'une manipulation, ne peuvent le détourner de la quête d'absolu dans laquelle elle l'entraine.
    Le meurtre de l'enfance auquel Charlie assiste de toutes parts est-il inéluctable ?

    Conte pour adultes, roman d'aventures retraçant l'histoire initiatique d'un amour impossible, Les Enfants de Libertalia est une parabole onirique sur la misère des exclus et la violence faite au monde de l'enfance. Briser le silence comme le fait Charlie relève de l'héroïsme et expose à un risque sacrificiel. Pour cette révolte, deux armes : l'une est le rêve, l'autre l'amour. Elles sont à double tranchant et peuvent se combiner ou s'opposer dans une lutte à mort.

  • Des bergers et des bergères, des moutons et des eaux claires, le vent qui frémit dans les arbres : tout cela concerne-t-il encore notre temps ? Si le désir de beauté n'est pas mort, la réponse ne fait pas de doute. D'autant que les personnages de ces romans de la Renaissance sont à l'unisson des lieux où ils vivent. Chez Sannazar, Montemayor et D'Urfé, règnent la politesse et les belles manières. Chez Cervantès lui-même, volontiers ironique, la courtoisie réussit à contenir la violence des passions. Les dieux sont morts, même si certains cultes essaient encore de donner le change. Reste ce beau devoir de l'humanité qui s'appelle la bienveillance. Quand un inconnu se présente, on écoute son histoire et on essuie ses larmes, car il est presque toujours malheureux, même en Arcadie. Mieux : on l'invite à chanter et à jouer de la musique, suprême consolation.
    Les plus belles sociétés utopiques de la Renaissance ne sont pas celles qu'ont inventées Thomas More ou Campanella, singulièrement dépourvues de liberté. Ce sont ces petites réunions de pasteurs, parfaitement improbables, où ne règne aucune autorité. Des duègnes mystérieuses ou des druides vénérables se contentent de réconforter les bergères en pleurs à la recherche d'un amant infidèle. Ils n'imposent aucune loi. Chez d'Urfé, le plus magistral des quatre auteurs ici étudiés, il revient à chacun de trouver sa voie et personne ne peut faire l'économie du temps. Comme, bientôt, chez Corneille et Descartes.
    Daniel Ménager est professeur émérite à l'Université de Paris- Nanterre. Ses principaux travaux portent sur Ronsard, qu'il a édité dans la « Bibliothèque de La Pléiade », avec Jean Céard et Michel Simonin (deux volumes, 1993 et 1994). Il a en outre publié : La Renaissance et le rire (1995), La Renaissance et la nuit (2005), La Renaissance et le détachement (2011), L'Ange et l'ambassadeur (2013), et, aux Belles Lettres, L'Incognito, d'Homère à Cervantès (2009) et Le Roman de la bibliothèque (2014).

  • j'accepterai l'heure
    le jour où elle sera écorchée
    frappée
    d'un coup de pelle
    dans le soudain

  • « Un voyage d'amour sous les eaux.
    Fluidité et célébration pour invoquer l'être aimé. »

    Résumé
    Nuit des anses pleines dit le voyage sous les eaux, là où se croisent les mystères de l'amour. Fluidité. Célébration de l'être aimé. Le poème invoque corps et présence. Le désir remonte lacs, rivières, fleuves, mers. L'univers liquide donne à voir et à rêver. La seule espérance : plonger au coeur du sentiment.

    Extrait
    Je marche campé entre deux eaux
    jusqu'à tes yeux
    il n'y a pas de miracle
    renouvelé de promesses
    femme de mes dix doigts

    L'auteur
    Poète, Franz Benjamin célèbre la vie à travers ses livres. Il est député de la circonscription de Viau à l'Assemblée nationale du Québec depuis octobre 2018.

  • Le gène divin

    Philippe Bayle

    Un étrange chemin initiatique dans les arrière-mondes d'un jeu en réseau. Un enfant de lumière qui sauve et soigne l'avatar de Raphaël. Pour retrouver l'être de chair derrière l'avatar qui l'a sauvé, le joueur suivra ce chemin de Sept Châteaux, et ira au bout de continents en feu. Il y rencontrera une scientifique qui semble posséder un secret, le gène divin. Raphaël qui n'a plus rien à perdre trouvera-t-il dans ces épreuves l'amour ou la mort ? A moins que ce ne soit lui-même qu'il découvre dans ces luttes pour le contrôle du gène divin...

  • Nihil

    Yoram Walfisch

    Nihil est un essai philosophique court et accessible. Il est philosophique mais rassurez-vous, il est tout à fait lisible.
    C'est un essai qui aborde les thèmes de la religion, de l'utopie et de l'idéologie, autour d'une réflexion sur la lucidité et le mensonge à soi-même.

  • Premier numéro de son nouveau format, entre le livre et la revue, cette édition estivale de 24 images consacre un riche dossier au cinéma de 1968. C'est l'occasion pour les collaborateur.trice.s. de la revue d'envisager les événements de 68, dont le fameux mois de Mai, dans un spectre plus large que celui du cinéma français, dont la contribution n'en reste pas moins mémorable. C'est donc sur les réalisatrices cubaines, les collectifs japonais, les étudiants mexicains, les cinéastes québécois, les documentaristes américains et les cinématographies de l'Europe de l'Est que se braquent les projecteurs des auteur.trice.s. Le dossier est agrémenté d'une liste de 68 films, des années 1960 à aujourd'hui, qui semblaient refléter le mieux les bouleversements vécus par le cinéma durant les années 60 et après. Tous sont porteurs de l'esprit contestataire, révolté et subversif au coeur de Mai 68. Le numéro est complété par les chroniques : jeu vidéo et cinéma, recension d'écrit, série télé, et autres critiques de sorties récentes.

  • Philippe Garon a écrit Ton dictionnaire du bout de la Terre pour son fils à qui il explique la Gaspésie en 132 textes suivant l'ordre alphabétique. Dans ce récit percu­tant, l'auteur pose un regard polémique et poétique sur le yin et le yang de sa région natale. Parmi les thèmes abordés : la complaisance, la démographie, la morue, la pauvreté, la religion, la solidarité, l'uranium, etc.

    On appréciera les 34 photographies de Frédérick DeRoy reproduites dans ce livre ainsi que les 13 pièces musicales de Guillaume Arsenault qui l'accompagnent et dont l'écoute est gratuite sur Internet.

  • Ce court texte bien étoffé décrit et commente diverses philosophies à travers les âges relatives au monde sans l'argent.

  • Le dossier thématique de ce numéro d'automne réactualise le célèbre mythe de l'Utopie. Mais les lendemains ne chantent pas toujours dans les nouvelles de ce dossier. Vous découvrirez quels sont les rêves collectifs de nos contemporains à la lecture des textes de Jean-Paul Beaumier, David Clerson, David Dorais, Louis-Philippe Hébert, Jean-Sébastien Lemieux, Kiev Renaud, Jérôme Tousignant et Nicolas Tremblay. Hors dossier, Marius Mars (alter ego de J.P. April) publie en miroir deux textes de science-fiction satirique et outrancière, les traductrices Lori Saint-Martin et Flavia García nous font découvrir l'auteur argentin Diego Creimer et l'histoire de la nouvelle hispano-américaine nous est présentée par Claudine Potvin.

  • Nicolas Delisle-L'Heureux, tantôt grave, tantôt moqueur, parfois même satirique, déborde d'imagination. Ce roman, son premier, aux rebondissements multiples, construit comme un labyrinthe et peuplé d'une faune de personnages complexes et attachants, nous plonge dans l'univers du réalisme magique : le monde selon Jakob Labonté.

    Refusant de se conformer à l'individualisme bêtifiant et aux règles de la réussite personnelle à tout crin, Jakob Labonté se lance dans l'action contestataire malgré sa couardise. Contraint de prendre la fuite pour sauver sa peau, il quitte Saint-Henri et se réfugie dans une pourvoirie laissée à l'abandon au nord de Senneterre, en Abitibi. Cet endroit a connu autrefois des heures glorieuses et abrité une commune d'utopistes qui souhaitaient réinventer le monde. Jakob n'y trouvera cependant pas la paix, car son passé rebelle viendra le rattraper au fil des découvertes qu'il fera sur les anciens habitants des lieux et, surtout, sur lui-même.

  • Un homme, piégé dans un improbable sable mouvant, prend conscience de sa vie, du temps qu'il lui reste à vivre et du temps qu'il reste à la planète avant que la pollution et les guerres ne viennent à bout de l'humanité. Ses avions en papier, porteurs de SOS, arriveront-ils à destination? Qui poura l'aider? Les Utopistes en action, prêts à refaire le monde? Les Féodal XIIIe du nom, propriétaires de la ville et de tout le territoire?

  • Au 22ème siècle, six utopistes de la Fédération Africaine mettent au point un programme capable de simuler, par réalité virtuelle, des utopies politiques. Le but étant de redonner un sens aux idées politiques et donc des perspectives de changement de société. Les utopistes conçoivent ainsi une cité idéale, Mathemba, "République culturelle" orientée vers la création au sens large (artistique, intellectuelle, scientifique...).

    Koré Pokou, un jeune banquier pas particulièrement féru de politique, est désigné pour tester la fiabilité du programme. D'abord sceptique, il va progressivement s'attacher à cette République culturelle, au point d'être quelque peu troublé par l'expérience...

  • Croire ou savoir ?

    Gerard Santarini

    Un monde meilleur ? Tout le monde en rêve, plus ou moins... Mais il semble que le chemin soit encore long et pénible ! Ne serait-ce pas, entre autres, parce que les difficultés de la route sont souvent mal identifiées et les parades pour surmonter les obstacles méconnues ? Le monde souffre encore de tant d'obscurcissements, de tant d'emprisonnements intérieurs et extérieurs. La connaissance n'a pourtant jamais été aussi répandue et sa puissance aussi grande et disponible. Mais son pouvoir de libération reste encore largement ignoré, voire dénigré. La science est aujourd'hui très forte mais la conscience est encore très faible !
    Cet essai se veut une contribution à la réflexion sur les multiples résistances à l'avancement vers plus de liberté, de fraternité et de bonheur et sur les moyens de les vaincre. Il n'apporte, bien sûr, aucune réponse définitive, mais il livre quelques pistes.
    Réquisitoire contre les effets pervers des religions, nationalismes, patriotismes et autres communautarismes plus ou moins latents ou plus ou moins avoués, il est aussi un plaidoyer pour la connaissance universelle ainsi que pour le doute et la recherche qui permettent d'y accéder. Hymne à la vérité, il exhorte à l'ascèse de la compréhension, à la pratique de l'émerveillement, à l'éveil des consciences.
    L'auteur y livre son propre témoignage et propose un chemin vers une spiritualité ouverte, adaptée à notre époque et compatible avec les merveilleuses découvertes de la science.

  • «Ces jours où mon esprit traînait parmi les êtres de plâtre, les animaux et les figures de la mort. » Et si Florence, la ville italienne, célèbre pour son architecture et ses oeuvres d'art, était cette escale bouleversante où découvrir les chemins d'une initiation à la mort et à la vie? Aller jusqu'au bout du bleu forme le récit de ce recueil comme une tentative de toucher l'infini. Une subjectivité concrète s'avance, confrontée aux beautés et à la ruine, dans la blancheur d'un soleil qui contraste avec la profondeur d'une nuit bleue pétrole où nichent les poèmes aiguisés au néant de Florence, jusqu'au bout du bleu. Tourmentée par des visions, appelée par l'ouverture créée par l'art, mais pourtant « petite parmi les pierres », c'est bien le voyage d'une poète qui s'anime; une utopie dans sa nudité, à travers la marche jusqu'à l'envol dans un espace sans limites.

empty