• Ce numéro de la revue Voix et images se penche sur les expériences contemporaines du temps dans les fictions québécoises. Cette expérience est étroitement liée à la question de la mémoire (et donc de l'Histoire), sans pouvoir s'y résumer totalement, ainsi qu'à celle de l'avenir qui prend la forme d'une intensification du présent ou pire, celle d'une catastrophe annoncée amenant la fin de l'humain. On comprend alors que l'individu contemporain se trouve en quelque sorte prisonnier du présent, poussé à réfléchir le rapport au temps, à son temps. La question des expériences du temps ne se laissant pas aisément saisir, collaborateurs et collaboratrices ont pris des chemins détournés pour en apprécier toutes les nuances, soit celle de l'imaginaire western pour Andrée Mercier, de la mémoire pour Marion Kühn, de l'histoire pour David Bélanger, de la biographie pour Pierre-Olivier Bouchard et de la figure du héros pour Manon Auger.

  • On ne joue pas avec le souvenir, dit-on souvent. Et pourtant ! Dans ce roman à trois voix, l'auteur explore les méandres d'une rupture artistique et amoureuse qui a survécu au temps. Entre les partitions pour violoncelle et les manuscrits d'un jeune poète, entre l'homme, les femmes et l'enfant, les années coulent et les lieux d'appartenance se redessinent, s'imbriquent les uns dans les autres. Souvent maladroite, la nostalgie s'insinue, des vies se défont et se refont. Sous une lune d'automne, les personnages oscillent entre des fragments du passé et du présent, tentant de situer leurs souvenirs, leurs craintes et leurs espoirs.

  • " Les carnets de mythologies appliquées " sont trois recueils de poésie écrits et illustrés par Bertrand Nayet qui présentent une grande richesse de tons, de thèmes et de références. Ce sont des mythologies historiques, des voyages à travers les époques, des séquences d'ères révolues jusqu'au présent. Maintes remémorations de la vie, d'étrangeté et aussi d'intégration ou absorption culturelle, philosophique et sociale... Un ensemble parfois chevauché dans ses emportements et dans lequel divers personnages et narrateurs figurent adroitement dans de nombreux « ailleurs »; inventions lyriques, poétiques et surnaturelles puissantes.

    Voici donc le deuxième carnet, celui de l'éternel travail du présent qui me façonne et que je façonne en retour.

  • Dirigé par Emilie Jobin, le dossier de ce numéro est consacré aux nouveaux territoires féministes. Alors que s'opère une authentique résurgence de la pratique féministe en théâtre et en danse, nous donnons la parole à de jeunes créatrices et créateurs du Québec dont le féminisme se conjugue au présent. Mentionnons Elkahna Talbi (alias Queen Ka), Annick Lefebvre, Anne-Marie Olivier, Philippe Dumaine, Marie-Ève Milot, Marie-Pier Labrecque et Dana Gingras. Hors dossier, il est entre autres question de Dominic Champagne, Angela Konrad, Annabel Soutar et Yves Sauvageau.

  • Le présent ne dure pas longtemps. Deux essais sur le printemps étudiant font effort de mémoire tout en évitant les dangers de la commémoration.

  • Réédition en un volume de trois oeuvres de Patrice Desbiens : «Poèmes anglais», «Le pays de personne» et «La fissure de la fiction».

    Ces trois titres marquants retracent l'évolution du poète au tournant décisif des années 80 et 90.

    «Poème anglais», paru en 1988, marque la fin de la période où Desbiens vivait et écrivait à Sudbury. Ce recueil marque un point de rupture dans sa relation aigre-douce avec le milieu où s'étaient définitivement révélées sa vocation et sa problématique de poète. Il y intériorise on ne peut plus profondément la condition du francophone minoritaire et la solitude de poète dans une société banalement marchande qui n'a que faire de lui.

    «Le pays de personne», paru en 1995, a été écrit à Québec, où Desbiens a vécu de 1988 à 1991 et aussi au début des années 70. Parue à l'origine dans Un pépin de pomme sur un poêle à bois (où elle côtoyait ce dernier recueil ainsi que Grosse guitare rouge), cette oeuvre est celle où son malaise personnel rejoint le malaise collectif québécois tout aussi étroitement que le malaise franco-ontarien. L'amour, l'espoir, la poésie n'y ont pas plus facilement droit de cité.

    «La fissure de la fiction», parue en 1997, peut être considérée comme la première grande oeuvre de sa période montréalaise. Sa voix devient plus narrative pour relater une aliénation toujours aussi terriblement familière, incarnée dans le réalisme hallucinatoire d'une quotidienneté cauchemardesque. Le poète aspire au roman, mais se heurte contre l'inéluctabilité de la poésie qui le voue à la solitude, sans pays, sans amour, sans amarre.

    L'ouvrage est précédé d'une préface de Jean Marc Larivière, cinéaste et ami de l'auteur, qui fournit une synthèse fort adroite de l'ensemble de son parcours et de ses publications. Riche en balises interprétatives, cette préface est une excellente introduction à l'oeuvre de Desbiens. En postface, on trouvera des extraits de la critique et une biobibliographie détaillée.

  • Un matin, Alice reçoit une petite enveloppe bleue par la poste. À sa grande surprise, on la convie à une rencontre de retrouvailles avec ses compagnons des Beaux-Arts, où elle a étudié vingt ans plus tôt. Cette invitation l'amène à se rappeler ces années charnières de sa vie. À se remémorer ses professeurs, ses camarades et surtout à renouer avec le souvenir marquant de la mystérieuse et troublante Élie-Naïde; son tendre secret, celle avec qui elle a vécu tant d'émois.

    Ce retour en arrière sera source de bien des chamboulements intérieurs. Aura-t-il des répercussions sur sa relation avec le débonnaire et secret Ludwig, son compagnon de vie depuis plusieurs années, qui ignore tout de ce troublant passé?

    Aller au bout de l'idée, une fois pour toutes, et cesser de rêver d'un ailleurs meilleur ou d'un passé idéalisé, voilà en quelques mots l'essence du voyage initiatique d'Alice.

  • Chaque amour possède son histoire, chaque vie ses aventures grandes et moins grandes. Ainsi, en voulant flâner, s'exposer à la fatalité, avec un mélange de naïveté et d'audace, Simone ne cherchait pas une consolation, mais voulait simplement vivre une journée pour elle-même. Mais voilà! Au moment où elle part au Saguenay à la rencontre de son premier grand amour, une foule de questions s'agitent dans sa tête. Et lorsque le destin les empêchera de se séparer, devront-ils laisser la passion l'emporter sur la raison?

    Premier roman de Suzie Robichaud, Jour de folie est un texte intimiste et charmant qui conduit le lecteur dans les méandres de l'âme avec des mots simples, sentis et émouvants. Parsemé de pensées sages, il scrute de nombreux aspects de l'amour, sans oublier de poser plusieurs questions sur l'abandon, l'amour, la fidélité, la puissance des souvenirs. Ce récit au vocabulaire précis et à l'atmosphère feutrée fait ressortir l'importance de vivre le moment présent et rappelle la maxime de La Rochefoucauld: « Qui vit sans folie n'est pas aussi sage qu'on le croit. »

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