Philippe Boyer

  • Il y a des jours comme ça, où les vents sont tombés, où les orages n'éclatent pas, des jours de lenteur. Marin Carmel a senti la première morsure de la musaraigne. Le rongeur aux yeux verts est entré dans son corps par la plante des pieds, remontant doucement, au fil des ans, vers les organes vitaux. Mais se savoir mortel, ce peut être aussi l'occasion de se savoir vivant. C'est par un de ces jours-là, que Marin Carmel pousse la porte de ce « cirque des brumes » dont a parlé André Breton. Voyageur en transit, entre un passé qui se défait et un avenir qui tarde à s'annoncer, entre une femme qui s'éloigne et une femme qui s'approche, il attend le retour des vents, cherche à reprendre un second soufle. Les compagnons des anciens jours, conspirateurs ou maquisards, l'accompagnent dans la traversée de cette passe, bonne ou mauvaise selon les humeurs. Une passe difficile à franchir, d'un bord à l'autre d'une nuit d'insomnie, entre les rumeurs de la violence ordinaire, et les pièges du fantasme dans la chambre des mirages. D'un côté : un complot, un assassinat politique, des coups de feu isolés, un simple licenciement ou la sonnerie d'un réveil-matin. De l'autre : une veuve en manteau de paillettes noires, des salons délabrés dans une mystérieuse maison de passes, ou encore un homme trouvé mort dans la neige, vêtu d'un étrange costume d'Arlequin.

  • "Désir, écriture - là est la question de ce livre : comment vient s'écrire la marque du désir inconscient ? Or, là où le désir est en jeu, la "théorie" ne peut éluder l'effet de fiction qui la creuse. À moins d'en rester à sa fonction de parure, cachant ce qu'elle montre : le corps ardent de l'écriture. Côté écriture : jeu du désir et de la lettre, par une série d'écarts : entre la théorie et la fiction, l'écrit et le récit, la lettre et le mot, le texte perdu et le texte échu. Côté lecture : Michaux, Butor, Jabès, Jean Paris, Pinget, Härtling, Duras, Derrida, Paye : autant de textes que rien ne relie, sinon cette matière à relire. L'écartée - peut-être cette "mère profanée" où se marque un grand écart, au même point de son corps, lieu de la naissance et lieu de la jouissance : Non lieu barré des Mots d'ordre qui en interdisent l'accès. Entre ces deux indices - qui sont aussi les titres de précédents "romans" - un troisième livre vient donc en inscrire l'écart : simple "essai", pour que ça puisse s'écrire - essai qui est la première tentative conséquente et libre pour constituer, sur le terrain de l'écriture contemporaine, une théorie de la littérature."

  • Bien au-delà d'un simple répertoire d'auteurs et d'oeuvres, c'est toute l'histoire d'une époque qui nous est ici restituée. De la philosophie à la littérature en passant par la science, la religion, l'art, les romantiques allemands ont tenté de soumettre le monde à la combustion vive de la seule poésie. A travers les femmes qui les éblouissent, à travers les lieux qu'ils ont fréquentés, les revues qui se sont faites et défaites, nous revivons ici ce qui allait devenir la plus grande aventure intellectuelle de toute l'histoire littéraire allemande. Le monde du romantisme allemand propose sans doute pour la première fois en langue française une vue d'ensemble sur cette "nébuleuse en infinie dispersion" qui n'aura cessé jusqu'à nous d'alimenter l'imaginaire européen.

  • Une machinerie sociale, bétonnée au bord de la mer. Un grand appareil à mots d'ordre, à organisation et à supplice. Dans les capsules de dressage opèrent les chirurgiennes de boudoir. Les assises du grand concile se tiennent dans les tours, dans le temps même où des réunions clandestines s'organisent un peu partout dans la ville. « Où les conteurs se sont infiltrés désormais jusqu'aux centres névralgiques de la machinerie. » - Pourquoi Marine est-elle enlevée - dans les lieux d'aisance de la clinique policière-psychiatrique - avant d'être séquestrée ou évadée dans la chambre des livres - Ce livre : lui-même placé dans cette chambre de torture, au coeur de l'espace moderne.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • On prétend volontiers que la consommation des médicaments anti-dépresseurs est très élevée dans nos sociétés où les individus sont soumis à la solitude et à l'isolement. De là à faire de la dépression un « phénomène de société », il n'y qu'un pas que franchissent aisément ceux qui sont prêts à banaliser la plainte dépressive. Les interrogations qu'entraîne la question ouverte par ce Forum vont bien au-delà. Dans notre culture, c'est à l'individu souverain que renvoient les changements idéologiques portés par la notion de dépression. Mais comment passer de la dépression à la société ? La dépression est-elle une affection de l'esprit ? Et comment la tenir pour un affect archaïque comportant tout le phénomène humain de la vie psychique ? Quel est le rapport de la dépression à la vérité du mélancolique ? Autant d'interrogations argumentées dans ce volume.

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